...et puis vient le jour où il nous tarde tant à sortir de l'enfance, à devenir corsaires pour de vrai, partant piller les richesses de ce monde en enlaçant au passage mille femmes inconnues, même de nos rêves.

Attendre ensuite et patiemment que d'autres enfances nous succèdent... Pouvoir alors jeter à nouveau un œil ému sur la cabane dans les arbres, sur les petites voitures et les poupées, les dessins et les craies de couleur, les histoires au creux du lit, les ritournelles cent fois répétées. Leur trouver une importance que n'ont pas la vraie maison et son crédit, la voiture neuve dans le garage et ces 999 femmes que nous n'avons pas eues, les tableaux de maîtres qui ornent le grand hall, les films chewing-gum et les prix littéraires...

Fermer enfin la porte et attendre la mort en n'ayant pour seul souvenir que cette enfance en miettes, lourde du regret d'avoir compris trop tard...



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